Ce 3 décembre 1996 peu après 17 heures, ils sont trois à se pré­senter à la station de RER Roissy-Charles-de-Gaulle 2. À noter qu'un des suspects de Seine-Saint-Denis ­travaille à l'époque sur les lieux. L'un des terroristes fait le guet et les deux autres glissent avec difficulté sous une banquette de la rame KSOR 50, une bouteille de gaz de 13 kg contenant un mélange de nitrate de sodium du Chili, de la poudre noire, du sucre, des clous et des écrous. Des bouteilles d'es­sence accompagnent l'ensemble. Ces fanatiques ont-ils aussi quitté la rame ou sont-ils restés à bord pour régler tranquillement leur engin ? Les policiers penchent pour la seconde hypothèse.

Des renseignements, non re­coupés, recueillis dans les mi­lieux de l'ex-Front islamique du salut (FIS), indiquent que les poseurs de bombes, arrivés de Belgique en voiture, auraient quitté le RER Gare du Nord pour regagner aussitôt Bruxelles. Leur objectif était peut-être de faire sauter la bombe à la gare Saint-Michel, cible hautement symbolique dix-huit mois après l'attentat du RER Saint-Michel en juillet 1995. La déflagration se produira fina­lement à Port-Royal, à 18 h 05, soit moins d'une heure après le départ du train de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Scénario convaincant, mais qui ne répond pas à une question troublante : pourquoi un seul attentat ? Volonté d'affirmer son leadership de la part du chef du commando ? Ce mystère-là demeure.

PLUS de 200 témoins entendus, des investigations aux quatre coins de la France, des années à l'écoute de tous les « tuyaux » étranger ou français. Plus de dix ans après les faits, les auteurs de l'attentat de Port-Royal, qui a tué quatre personnes et blessé une centaine, courent toujours. De quoi alimenter les thèses de manipulations les plus diverses.

Les enquêteurs de la brigade criminelle et de la DST sont pourtant persuadés d'avoir la bonne hypothèse... tout en doutant de jamais pouvoir la prouver judiciairement. « Nous saurons la vérité un jour, peut-être très proche, lâche un haut responsable policier, mais nous ne pourrons peut-être jamais aller au-delà. » Le temps peut aussi être un adversaire : l'un des scellés, une empreinte digitale, ayant même été détruit dans un incendie !

Le reportage de France 3 le soir du drame.  Doc de l'INA visible avec quick time uniquement. A noter l'apparition de la jeune Elise Lucet.
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