1990 fut sa première année complète en Formule 1, toujours chez Tyrrell une équipe loin de son lustre d'antan. Lors de sa première course aux États-Unis, profitant de l'excellent comportement de ses pneus Pirelli sur le tracé urbain de Phoenix, Alesi fit sensation en menant les 30 premiers tours devant Ayrton Senna. Alesi poussa même l'audace de dépasser Senna quelques hectomètres seulement après une première attaque du champion brésilien. Alesi termina finalement deuxième. Il décrocha une autre deuxième place, plus tard dans la saison à Monaco, se plaçant ainsi comme grand espoir de la discipline.


Très courtisé par les plus grosses écuries du moment, Alesi signa au cœur de l'été un pré-contrat avec Williams-Renault avant de laisser parler son cœur sicilien et de signer finalement chez Ferrari. L'arrivée d'Alesi coïncida malheureusement pour lui au début d'une période de crise pour la Scuderia. Malgré des résultats décevants, il échappa néanmoins aux multiples révolutions de palais agitant l'équipe italienne en 1991 (limogeages successifs du directeur sportif Cesare Fiorio, du pilote n°1 Alain Prost et du président Piero Fusaro) en grande partie grâce à sa popularité auprès des tifosi.


En 1992, la situation n'est pas meilleure au sein de la Scuderia, et Alesi doit de nouveau composer avec une écurie en crise, ce que ne parviendra pas à faire son réputé équipier Ivan Capelli, pourtant excellent pilote mais qui perdra pied au fil de la saison. L'Italien sera d'ailleurs remercié après le Grand-Prix du Portugal.


À partir de 1993, sous l'impulsion de Jean Todt, la Scuderia amorça un lent retour au sommet. Mais, lors d'essais privés au début de la saison 1994, Jean fut victime d'un accident sur le circuit privé de Ferrari, à Fiorano. Touché aux vertèbres cervicales, il manqua le funeste Grand-Prix de Saint-Marin à Imola. Il retrouva finalement son baquet à Monaco, puis, au Grand Prix d'Italie 1994, signa sa première pole position, à Monza. Il mena la course devant des tifosi en liesse avant de déchanter sur une panne mécanique. L'année suivante, Alesi en profita pour livrer quelques unes de ses plus belles courses, souvent ternies par une malchance devenue presque proverbiale. Le chat noir se décida toutefois à l'abandonner le 11 juin 1995 (pour ses 31 ans) au Grand Prix du Canada, les soucis mécaniques de Michael Schumacher lui permettant de signer son unique victoire en Formule 1. Paradoxalement, cette saison 1995, sa plus belle en F1, marqua la fin de son histoire d'amour avec la Scuderia Ferrari, trop occupée à s'attirer les faveurs de Michael Schumacher, le meilleur pilote du moment.


Alesi remplace Schumacher chez Benetton à partir de 1996. Benetton est alors l'écurie championne du monde en titre. Les espoirs étaient grands de voir Alesi étoffer son palmarès, il n'en fut cependant rien. Aux performances décevantes des Benetton, succédèrent rapidement des relations de plus en plus tendues avec Flavio Briatore, le directeur sportif de l'écurie. L'année 1997, où son expérience et sa régularité lui permirent d'accrocher de beaux podiums, ne suffit pas à redresser des relations exécrables.


À partir de 1998, Alesi rejoignit l'écurie suisse Sauber durant deux saisons, une équipe de milieu de grille, pour des résultats forcément moyens malgré quelques jolis coups d'éclat. Ainsi obtint-il, une nouvelle fois sous le déluge, un podium à Spa.



SPA 1991 tour du circuit avec Jean Alesi


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