zitrone.jpg  Né en Russie, Léon Zitrone (qui a longtemps menti sur son âge exact) arrive en France à l'âge de 6 ans, avec sa famille fuyant le communisme. Mobilisé pendant la Seconde Guerre Mondiale dans la 14ème DI, il participe aux combats de Rethel en juin 1940 pour lesquels il sera décoré de la médaille militaire pour "acte de bravoure exceptionnel" mais sera très tôt fait prisonnier à Braine-l'Alleud (Belgique) d'où il s'évadera en août 1940. Il effectue d'abord des études scientifiques mais sa maîtrise du russe, du français, de l'anglais et de l'allemand lui ouvre en 1948 les portes de la Radiodiffusion Française au service des émissions vers l'étranger. Il est diplômé de l'École supérieure de journalisme de Paris .

 

En 1959, il rejoint l'activité télévision de la RTF, Radiodiffusion-télévision française. À partir de 1961, il devient présentateur du journal télévisé, fonction qu'il exercera au total près de 20 ans. Tout d'abord jusqu'en 1975, sur la première chaîne qui deviendra TF1, puis sur Antenne 2. Jean-Pierre Elkabbach le rappelle en 1979 à plus de 64 ans où il prend en charge les JT du week-end dès le 3 février 1979. Il reviendra pour ces JT également lors du week-end de Pâques comme il le dit lui-même dans son au revoir du 1er février 1981, date de la fin de son contrat.

 

Mais la célébrité de Léon Zitrone est surtout due aux émissions qu'il animera ou co-animera. Il est ainsi co-animateur du jeu télévisé Intervilles avec Guy Lux, commente par 6 fois le Tour de France cycliste, où l'on se souviendra de sa prodigieuse mémoire des noms des coureurs. Il assure aussi la présentation des Jeux olympiques à 8 reprises et présente 16 défilés militaires du 14 juillet. Après avoir commenté à plusieurs reprises le Concours Eurovision de la chanson, il assure la présentation en anglais de l'édition 1978 aux côtés de Denise Fabre. Mais surtout, il est le commentateur-clé des grands événements, notamment les mariages, décès et investitures des grands de ce monde, une trentaine dans sa carrière. Il est également passionné de chevaux et imprime sa marque au commentaire hippique. Très cultivé, il sait aussi faire preuve d'un humour ravageur, talent qu'il exercera comme l'un des invités de référence de l'émission des Grosses Têtes sur la radio RTL. Dans le monde des médias, Léon Zitrone restera par ailleurs longtemps réputé pour sa pingrerie[5] et son mauvais caractère légendaire.

 

Sa diplomatie (c'est lui qui sera l'interlocuteur principal d'Alain Peyrefitte lorsque celui-ci se présentera au public comme ministre de l'information) le fait parfois accuser de compromis excessifs. « Léon Zitrone parle couramment trois langues : le français, le russe et le serve », lancera Claude Darge. Jean-Edern Hallier, dans sa volonté provocatrice, ira jusqu'à dire « Zitrone, ce vieux larbin ».

 

Il parle un français cultivé, simple et littéraire, tel qu'il serait écrit, et est capable de prolonger ses commentaires plusieurs heures durant si la situation l'exige, sans monotonie ni répétition. On ne le vit déstabilisé qu'une seule fois : le 14 juillet 1989 lors de son commentaire du défilé de Jean-Paul Goude pour le bicentenaire de la Révolution française, lorsque les images qui lui étaient envoyées par le réalisateur Jean-Paul Jaud se mirent à devenir répétitives...

 

Il a, à lui seul, incarné la télévision pendant plusieurs décennies aux yeux du grand public français, et a obtenu le Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports en 1982. Il reçoit la Légion d’honneur en 1988, des mains du Président François Mitterrand.

Il meurt le 25 novembre 1995 à 21h, jour de ses 81 ans.

 

Il est aussi connu pour certaines citations : « Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on parle de moi ! » ou « La popularité, c'est d'éternuer à l'écran et de recevoir le lendemain des centaines de cartes postales avec écrit : « À vos souhaits. » »

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