Dans la nuit du 8 au 9 mai 1990, 34 sépultures juives sont profanées (stèles renversées et brisées, mais sans inscriptions antisémites, etc.) à Carpentras, où vit une communauté juive qui date de l'époque des « juifs du pape ». Dans la journée du 9 mai, personne ne rentra, parait-il, dans le cimetière ce qui explique que la profanation ne sera découverte que le lendemain

Le 10 mai 1990, deux dames découvrent la profanation et préviennent les autorités.

Le cercueil de Félix Germon décédé 15 jours plus tôt, non recouvert de terre, est sorti de sa tombe. Le corps extrait du cercueil est posé nu face contre terre sur une tombe voisine. Un mat de parasol est retrouvé à côté de lui (on parlera d'un "simulacre d'empalement").

L'affaire s'enflamme et Laurent Fabius le déclare "empalé".

Cette découverte provoque un vif émoi en France.

Le ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe, qui s'est rendu le jour même à Carpentras en hélicoptère2, déclare que les responsables sont « le racisme, l'antisémitisme et l'intolérance ». De nombreuses personnalités politiques vont par la suite se rendre sur les lieux. On notera, entre autres : Jack Lang, Jean-Claude Gaudin, Harlem Désir, Raymond Barre, Lionel Jospin, Philippe Maurois et Georges Marchais.

Des manifestations imposantes contre le racisme et l'antisémitisme sont organisées durant la semaine qui suit. Le président François Mitterrand participe à l'une d'entre elles à Paris. C'est la première fois qu'un président de la République dans l'exercice de ses fonctions participe à une manifestation en France. Yves Bertrand, directeur des RG de 1992 à 2003 affirme dans son livre Je ne sais rien... mais je dirai (presque) tout, paru en octobre 2007, que la manifestation à Paris devait au départ se dérouler autour de la Grande synagogue. C'était selon lui le souhait des autorités religieuses juives de Paris qui ne voulaient pas que l'évènement soit récupéré politiquement par l'extrême gauche. François Mitterrand aurait alors « forcé la main » aux autorités juives pour que la manifestation ait lieu entre la place de la République et la place de la Bastille, lieux traditionnels de rassemblement de la gauche française.

Le Front national est montré du doigt. Jean-Marie Le Pen prétend que son parti est la cible d'un complot. Il organisera des manifestations à Carpentras, en 1991 et en 1995, pour demander réparation.

Pour Yves Bertrand, la profanation du cimetière de Carpentras fut une manipulation anti-FN orchestrée par François Mitterrand. Celui-ci aurait alors voulu empêcher toute possibilité d'alliance entre le Front national et la droite parlementaire.

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